Colette Champagne
Colette Champagne développe une démarche singulière, à la frontière entre espace public et intimité.
Tout commence par une façade. Elle la remarque, s’y attarde, puis décide d’aller plus loin.
Ainsi, elle entre chez des habitants pour photographier leurs fenêtres… depuis l’intérieur.
Ce déplacement du regard change tout.
Sa série “Windows” explore alors deux mondes qui se superposent.
D’un côté, la fenêtre agit comme une protection : elle laisse entrer la lumière tout en préservant l’intimité.
De l’autre, elle devient un seuil, une ouverture vers la vie des autres.
En effet, depuis l’extérieur, la fenêtre cache autant qu’elle montre.
Elle empêche de savoir qui vit là, derrière le verre.
Cependant, une fois à l’intérieur, la perception bascule.
La fenêtre ne protège plus seulement : elle révèle.
Ainsi, chaque image donne accès à un espace habité.
Elle laisse entrevoir des fragments de vie, des atmosphères, des présences discrètes.
De plus, Colette Champagne ne se contente pas de documenter.
Elle interroge notre rapport au regard, à la distance et à l’intimité.
Par conséquent, ses photographies créent une tension douce entre visible et invisible.
Elles ouvrent un passage entre ce que l’on imagine et ce que l’on découvre.
Enfin, son travail nous invite à reconsidérer un élément banal de l’architecture.
La fenêtre devient alors un lieu de rencontre entre intérieur et extérieur, entre soi et les autres.


